Le dossier
Un projet d’élevage industriel de 560 veaux de boucherie est en cours d’instruction sur la commune de Verrie (49400), aux portes de Saumur, au lieu-dit Le Moyer. Cette page présente la demande officielle déposée en préfecture, puis le détail pièce par pièce.
Le projet est en consultation publique jusqu’au 21 juillet 2026 : 👉 Page officielle de la consultation (préfecture de Maine-et-Loire)
En bref
- Porteur : SAS DU MOYER (installation de M. Samuel Hermenier comme agriculteur + 1 emploi salarié).
- Dossier monté par : Terrena Environnement (Ancenis), daté de mars 2026.
- Encadrement technique : groupement Denkavit (intégrateur de veaux de boucherie).
- Régime : demande d’enregistrement ICPE (rubrique 2101) — procédure allégée : une consultation du public a lieu (celle en cours), mais pas l’enquête publique avec commissaire enquêteur ni l’étude d’impact systématique du régime d’autorisation.
- Nature : création d’un site neuf, un bâtiment de 4 tunnels, 560 places de veaux de boucherie sur caillebotis intégral (sans litière), en gestion lisier.
Le projet en détail
L’élevage. Les veaux sont élevés sur caillebotis, sans paille en litière (la paille n’est distribuée qu’en alimentation). Ils sont nourris principalement au lait en poudre (≈ 210 kg/an/veau), complété de fibres/granulés (≈ 330 kg) et de paille (≈ 35 kg). Avec la rotation par bandes, cela représente de l’ordre de ~1 000 veaux par an. Le site prévoit une réserve incendie de 120 m³, des silos d’aliment et une cuve de lactosérum.
Effluents. L’atelier produirait 1 756 m³ de lisier par an, stockés dans une fosse géomembrane de 1 300 m³, soit 3 528 unités d’azote, 1 680 de P₂O₅ et 2 520 de potasse.
Épandage. La SAS DU MOYER ne possède aucune terre. La totalité du lisier serait épandue via un contrat avec l’EARL Hermenier (249,98 ha répartis sur Verrie, Saumur, Gennes-Val-de-Loire et Doué-en-Anjou). À noter : ces mêmes terres reçoivent déjà ~500 tonnes/an de boues de station d’épuration industrielle (Marie Surgelés), soit +1 301 unités d’azote.
Localisation sensible. Le site se trouve en zone vulnérable aux nitrates, dans le Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, à moins d’un kilomètre de Saumur et à environ 1,9 km de la zone Natura 2000 de la vallée de la Loire (des Ponts-de-Cé à Montsoreau) ; plusieurs ZNIEFF sont recensées à proximité. Le dossier précise en revanche que le site n’est ni en zone d’action renforcée, ni dans un périmètre de protection de captage d’eau potable (les captages les plus proches sont à 4–5 km). Distances déclarées : bâtiment à l’habitation tierce la plus proche 361 m, fosse 425 m, cours d’eau le plus proche 200 m (l’élevage est alimenté par le réseau public d’eau).
Pourquoi ce projet nous inquiète
- Bien-être animal : caillebotis intégral, séparation précoce d’avec la mère, alimentation au lait de poudre, engraissement intensif — des conditions difficilement compatibles avec les besoins biologiques de l’espèce (art. L214-1 du Code rural).
- Pollution de l’eau : cumul de lisier et de boues de station d’épuration industrielle épandus en zone vulnérable aux nitrates, dans un secteur proche de la vallée de la Loire (Natura 2000 à ~1,9 km) — enjeu de qualité de l’eau.
- Ressources en eau déjà limitées : 2 475 m³ d’eau par an seront nécessaires pour l’abreuvage et le nettoyage. Cela correspond à la consommation annuelle d’environ 45 à 50 personnes. Cette consommation intervient dans une région déjà soumise à une forte tension sur la ressource en eau et à des restrictions préfectorales.
- Consommation d’électricité accrue : Lors des épisodes de canicule, les veaux confinés devront être refroidis, entraînant une augmentation de la consommation d’eau et d’électricité.
- Santé alimentaire: Production de viande issue d’un élevage intensif, avec un recours important aux antibiotiques et des ratios oméga-6/oméga-3 défavorables, associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires et de certains cancers.
- Maladies transmissibles: La forte concentration d’animaux favorise la propagation des maladies infectieuses et peut favoriser l’apparition de souches plus virulentes. Ces situations conduisent régulièrement à l’abattage sanitaire de troupeaux. Ce risque est renforcé par une telle densité d’élevage.
- Risques futurs d’épidémies: Les résidus d’antibiotiques présents dans le lisier peuvent se retrouver dans les cours d’eau et les nappes phréatiques, contribuant à la diffusion de bactéries résistantes aux antibiotiques et au déséquilibre des écosystèmes.
- Risque d’incendie: En 2025, dans un élevage des Deux-Sèvres, une filiale de Terrena, coopérative agricole associée au projet, a été mise en cause pour un stockage de fientes non conforme, ayant entraîné un départ d’incendie. Avec des canicules plus fréquentes et plus intenses, le risque d’incendie dans les élevages intensifs est susceptible d’augmenter. 👉 Article de presse
- Montage : une société sans foncier propre, entièrement dépendante d’un tiers pour l’épandage et d’un intégrateur pour les animaux.Le porteur de projet ne possèdera ni les terres, ni les bâtiments, et est porté par Terrena, la plus grande coopérative agricole de France, régulièrement épinglée pour ses pratiques controversées. Terrena a notamment été condamnée à plusieurs reprises à la suite d’accidents mortels sur ses sites. 👉 Article de presse
- Cadre local : parc naturel régional, proximité de Saumur et de sites classés, nuisances pour les riverains (odeurs, air, trafic).
Les pièces du dossier
Pour faciliter la lecture, chaque pièce est proposée ici en trois formats : le PDF d’origine, le texte intégral issu de la reconnaissance optique (OCR, sans aucune interprétation) et un résumé rédigé par IA.
| Pièce | PDF d’origine | Texte intégral (OCR) | Résumé |
|---|---|---|---|
| Dossier 1 — Dossier d’enregistrement | Texte | Résumé | |
| Dossier 2 — Suite technique + annexes | Texte | Résumé | |
| Dossier 3 — Aptitude des sols à l’épandage | Texte | Résumé | |
| Dossier 4 — Plans de situation | Texte | Résumé | |
| Observation n°1 — Modèle d’opposition | Texte | Résumé |
Les fichiers « Texte intégral » reproduisent la reconnaissance optique brute des documents scannés : des erreurs de reconnaissance (mots collés, accents, chiffres, pages inversées) sont possibles. Ils sont fournis à titre de transparence. Pour toute démarche officielle, faire foi du PDF d’origine et de la page de la préfecture.